Nous n’avons eu que 10 jours entre nos deux séjours à Québec et durant cette période, je n’ai pas observé beaucoup de changements dans son comportement. Ceux-ci se feront graduellement à force de porter ses appareils.
Richard, mon beau-frère, a sorti sa guitare pour lui jouer de la musique et pour la première fois, j’ai acheté un jouet musical (un petit piano/tambour) en sachant que maintenant, mon fils va pouvoir l’apprécier. C’est d’ailleurs rapidement devenu son jouet préféré. J’ai aussi crié de joie de voir François faire le saut quand mon ami qui nous a rendu visite a cogné à la porte. Ce fut sa première grande réaction au son environnant!
Non seulement François doit apprendre à entendre, mais je dois aussi apprendre à être la mère d’un enfant entendant. Depuis plusieurs mois, je suis habituée à ne pas faire attention aux bruits que je fais. Que ce soit de passer l’aspirateur, de me sécher les cheveux ou de faire du vacarme en rangeant mes casseroles. Le matin, lorsque je lui mets ses appareils, je lui parle toujours doucement pour ne pas le brusquer. C’est arrivé à quelques reprises qu’il se mette à pleurer à chaudes larmes en entendant certains bruits. Mon fils était heureux dans son monde silencieux, il ne connaissait pas autre chose. Et là, on vient tout chambouler!
Pour l’instant, le volume de ses appareils est très bas pour l’habituer tout doucement. J’ai une petite manette que je traine partout avec moi qui me permets d’ajuster le volume. L’objectif est de monter graduellement le volume pour atteindre le niveau 10 (le niveau maximal) d’ici quelques jours. Une fois ce niveau atteint, les appareils resteront toujours à 10. Un petit truc que l’audiologiste m’a donné est de frapper fort dans mes mains lorsque je monte le volume d’un cran : si François cligne des yeux, c’est que le son est trop fort. Dans ce cas, je dois redescendre le volume, attendre un peu (ça peut varier entre quelques minutes et une journée), remonter le volume et refaire le test.
Malheureusement, l’audiologiste que nous avions rencontrée cet automne et qui s’est occupée de tous les enfants implantés en région ne sera pas disponible pour la réadaptation fonctionnelle intensive (RFI). Nous avons donc rencontré la nouvelle équipe, une audiologiste et une orthophoniste, qui s’occupera de lui pendant les 12 semaines que durera la RFI. Dès les premières minutes de la rencontre, j’ai su que nous étions entre de très bonnes mains. Elles n’ont peut-être pas autant d’expérience, mais elles sont enthousiastes, passionnées par leur travail et de plus, elles seront chapeautées par l’équipe de Québec tout au long du processus.
Ça m’a beaucoup touché lorsqu’elles m’ont dit qu’elles se sentaient privilégiées de pouvoir travailler avec mon fils pour sa réadaptation. Elles avaient entendu parler de lui par leurs collègues dès son diagnostic et pour elles, c’est un cas « bonbon »!
J’ai aussi énormément apprécié qu’elles discutent avec moi de l’horaire pour qu’on trouve ensemble la meilleure formule. Je leur ai demandé d’avoir au moins une journée par semaine sans rendez-vous et j’en ai eu deux. J’avais conscience que ça faisait des journées plus remplies, mais ça nous donnait aussi des journées tranquilles à la maison.
Elles m’ont fait une proposition d’horaire qui correspondait exactement à ce que je souhaitais :
- Le lundi à 15 h à l’Hôpital d’Amos avec l’audiologiste et l’orthophoniste.
- Le mercredi à 8 h 30 au Centre de réadaptation La Maison de Val-d’Or avec l’audiologiste et l’éducatrice spécialisée et à 13 h au Centre de réadaptation Clair-Foyer d’Amos avec l’orthophoniste et l’éducatrice spécialisée.
- Le vendredi à 11 h à la maison pour un cours de français signé avec l’éducatrice spécialisée et à 13 h à l’Hôpital de Val-d’Or pour des tests en cabine avec l’audiologiste et l’éducatrice.
Et c’est sans compter les autres rendez-vous qui devront se rajouter : pédiatre, ORL, vaccins, optométriste… et j’en passe.
Je n’arrivais pas à m’imaginer comment j’allais pouvoir jongler avec un horaire aussi intensif sans m’épuiser!





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