La chirurgie

Mon fils s’est fait opérer le 13 février 2023. Pour que la Force soit avec lui, je lui ai mis son pyjama de Star Wars. Pendant que ma mère attendait dans la salle d’attente, j’étais avec lui en chirurgie d’un jour le temps de le préparer et de lui mettre sa petite jaquette jaune avant qu’ils viennent le chercher vers 9 heures. Pour lui, c’était une journée comme une autre. Il me faisait de beaux sourires sans savoir ce qui l’attendait. Autour de nous, plusieurs autres patients attendaient pour leur chirurgie. L’ambiance était très calme et les infirmières étaient d’une grande gentillesse.

L’anesthésiste et le chirurgien, le Dr Côté, sont venus me voir pour m’expliquer une dernière fois la procédure et me demander si j’avais des questions. J’avais tellement fait de recherche sur le sujet au cours des derniers mois que je n’arrivais pas à en trouver. J’avais une très grande confiance en eux. Mais j’ai demandé au chirurgien d’enlever son masque, je voulais voir le visage de celui qui allait changer la vie de mon fils. Il a accepté avec grand plaisir.

Sans avoir le temps de le réaliser, mon fils était au bloc opératoire et j’étais assise à côté de ma mère dans la salle d’attente. Celle-ci étant en rénovation, il n’y avait que des chaises vraiment inconfortables. Nous aurions pu descendre à la cafétéria pour déjeuner, mais je n’arrivais pas à quitter la pièce de peur qu’ils m’appellent et que je ne sois pas là. Je ne crois pas non plus que j’aurais pu avaler quoi que ce soit. La chirurgie a duré environ 3 h 30. Même si ça correspondait à ce que l’on m’avait dit, je commençais à trouver le temps long et j’avais hâte qu’ils m’appellent. Durant l’attente, nous avons discuté avec un couple dont la femme se faisait aussi opérer pour des implants cochléaires. Contrairement à mon fils dont la demande s’est faite en novembre dernier, ça faisait deux ans qu’elle était sur la liste d’attente. Je savais que les enfants étaient prioritaires, mais je ne savais pas que l’attente était aussi longue pour les adultes.

Ils m’ont enfin appelé! À peine quelques secondes après avoir franchi la porte de la salle des chirurgies d’un jour, une infirmière arrivait avec mon fils. Il avait un énorme pansement autour de la tête. J’étais tellement contente de le voir que je l’ai serré très fort dans mes bras. Il s’est rapidement mis à pleurer, alors ils m’ont installé sur une chaise dans le fond de la salle pour que je puisse le consoler et l’allaiter. Il n’avait pas bu ni mangé depuis 3 heures du matin. Même s’il réussissait à bien prendre le sein malgré le fait qu’il ne s’était pas encore tout à fait remis de l’anesthésie, c’était évident qu’il ne se sentait pas bien. Il pleurait beaucoup et n’arrêtait pas de se frotter les yeux. Après une dose de Tylenol, j’ai réussi à le calmer et à l’endormir tout en marchant dans la salle. Heureusement, il ne s’est pas réveillé lorsque je me suis assise (mon fils pensant 26 livres, je commençais à avoir mal aux bras). Les infirmières ont accepté que ma mère vienne nous voir quelques minutes, ça faisait un bon moment que j’avais quitté la salle d’attente et je ne voulais pas qu’elle s’inquiète. De mon côté, j’avais juste hâte de quitter l’hôpital. Ça bougeait beaucoup autour de nous et j’étais impatiente de retourner à l’hôtel pour qu’il puisse se reposer dans un environnement plus calme.

Quand mon fils s’est réveillé, son soluté lui a été retiré, je lui ai remis son pyjama et nous sommes allés rejoindre ma mère. La dernière étape avant de quitter l’hôpital était d’aller prendre une radiographie de sa tête. Il s’agit d’une procédure normale pour toute personne qui reçoit des implants cochléaires. Mon fils n’a pas cessé de hurler durant tout le temps qu’à durée la radiographie. J’aurais voulu le consoler, mais je devais rester derrière le mur avec les techniciennes. C’était vraiment impressionnant de voir le résultat de la radiographie. Sur l’image, on voyait très bien les deux implants et chacune des électrodes. Après avoir rapidement mangé pour la première fois de la journée vers 15 h 30, nous avons enfin quitté l’hôpital vers 16 heures. Je ne pensais pas que nous allions partir aussi tard.

Durant les heures qui ont suivi, soit mon fils dormait, soit il pleurait et nous ne savions pas quoi faire pour le réconforter. Normalement, les adultes ont très peu de douleur après cette chirurgie et même si c’est surement la même chose pour les enfants, ça ne voulait pas nécessairement dire que mon fils ne souffrait pas et à cause de son âge, c’était impossible de le savoir. Je me sentais démunie. Il ne voulait pas manger, mais au moins j’arrivais à l’allaiter. Je savais qu’il allait rapidement se remettre de l’opération et que c’était normal de voir du sang couler de ses oreilles, mais c’était dur de le voir comme ça. J’ai d’ailleurs dû lui mettre un petit bonnet pour ne pas qu’il essaie d’enlever son bandage.

Heureusement, il a tout de même passé une bonne nuit. Une autre grosse journée nous attendait le lendemain : ses appareils seront activés et François va entendre ma voix pour la première fois!

Laisser un commentaire