Après une courte nuit, nous étions de retour à l’Hôtel-Dieu. Mon fils, qui devait être à jeun, était le premier à se faire opérer. Après l’avoir vêtu de sa petite jaquette jaune, nous avons attendu dans la salle réservée aux patients des chirurgies d’un jour. Autour de nous, il y avait plusieurs autres personnes qui attendaient qu’on vienne les chercher pour leur chirurgie. Les infirmiers et infirmières étaient d’une grande gentillesse, surtout l’anesthésiste qui est venu m’expliquer la procédure. Deux autres enfants, d’environ 5-6 ans, attendaient aussi pour se faire installer des tubes et il savait exactement comment agir avec eux pour les rassurer. Le chirurgien est aussi venu nous voir et tout comme celui d’hier, il m’a confirmé qu’installer des tubes aux enfants candidats à l’implant cochléaire était une procédure courante. Avec l’expérience qu’ils ont acquise avec les années, ils ont réalisé que ça diminue énormément les risques de complications. Un infirmier est finalement venu chercher mon fils pour l’amener en salle d’opération. Je n’ai eu le temps de m’assoir que quelques minutes dans la salle d’attente que déjà, ils m’appelaient pour retourner voir mon fils. Cette procédure prend seulement de 10 à 15 minutes.
Mon fils était en larme lorsque l’infirmier est revenu avec lui. Une chaise m’attendait pour que je puisse le bercer et le rassurer, mais j’avais beau essayer de le consoler, rien n’y faisait. En plus, je devais attendre qu’il soit complètement réveillé pour l’allaiter pour s’assurer qu’il ne s’étouffe pas. Mais en attendant, il était en crise. Rien pour rassurer le petit garçon assis en face de moi qui attendait aussi pour se faire installer des tubes. Si l’allaitement a toujours aidé mon fils à se calmer, cette fois-ci ça n’a pas du tout marché. Il pleurait toujours lorsque je suis allée rejoindre ma mère et Mamie-Sol à la cafétéria où elles m’attendaient. Elles ont eu la gentillesse de prendre soin de lui le temps que je déjeune. Je n’avais rien avalé depuis le matin et j’étais affamée.
Nous avons ensuite quitté l’Hôtel-Dieu pour l’IRCPQ. Contrairement à Montréal, conduire à Québec est un charme. Une fois là-bas, une équipe de réadaptation composée d’une audiologiste, d’une psychologue et d’une orthophoniste nous attendait. Ma mère m’a accompagné pendant que Mamie-Sol nous attendait dans la salle d’attente. Au début, c’était un peu intimidant de voir ces trois femmes assises derrière une longue table qui prenaient des notes sur tout ce que je disais. Mais rapidement, l’ambiance est devenue beaucoup plus relaxe et amicale. Elles ont vite réalisé que mon fils était entre bonnes mains et que j’étais prête à tout pour l’aider.
Évidemment, lorsque ma mère a sorti mon fils de la poussette pour le prendre dans ses bras, elles ont tout de suite été charmées par sa belle grosse face. Je sais que je ne suis pas objective, mais mon fils est vraiment le plus beau! Nous nous sommes toutes installées par terre, sur un tapis, pour voir comment mon fils interagissait avec les jouets. Elles m’ont conseillé des jouets éducatifs pour l’aider à se développer (parce que la plupart des maudits jouets font de la musique et pour mon fils, ben ça ne sert pas à grand-chose), que je me suis empressée d’aller acheter à mon retour à Val-d’Or. On m’a encore une fois donné plusieurs documents, notamment sur l’aide au niveau de l’hébergement et sur les mythes et réalités de l’implant. Après cette belle rencontre, nous avons quitté Québec pour retourner à Prévost. Même si tout s’était bien passé, j’étais complètement brûlée.
C’est deux journées à Québec se sont déroulées encore mieux que je pensais. Ça faisait du bien d’être dans un environnement où je n’avais pas à expliquer ce que sont des implants cochléaires. À l’Hôtel-Dieu, j’ai même croisé un employé et un petit garçon qui en portait. Je suis aussi beaucoup plus rassurée face à la chirurgie. J’ai hâte de voir mon fils découvrir l’univers des sons!


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