Le diagnostic

En tant que parent, il faut particulièrement être attentif pour réaliser que son nouveau-né est atteint de surdité et c’est vraiment un coup de chance si mon fils a été diagnostiqué à l’âge de 2 mois. Si ma famille n’avait pas eu l’idée d’acheter des feux d’artifice, je ne sais pas si je m’en serais rendu compte aussi rapidement.

Feux d’artifice

J’avais remarqué durant les premières semaines que mon fils ne semblait pas se calmer en entendant ma voix et que c’était surtout lorsqu’il me voyait qu’il s’apaisait. Mais comme c’est seulement vers l’âge de deux mois qu’un enfant se tourne vers la provenance d’un son, je ne m’en faisais pas trop.

Mes doutes se sont confirmés pendant un party de famille. Comme mes nuits étaient très courtes, je me suis retiré tôt pour me reposer et allaiter mon fils dans la roulotte de ma mère. Mon réflexe lors des feux d’artifice a été de mettre mes mains sur les oreilles de mon fils… pour réaliser aussitôt qu’il continuait à boire sans réagir le moindrement au vacarme. Et demandez à quiconque qui était présent ce soir-là, ce fut très bruyant! Même le chien de mon cousin a eu peur.

Quelques jours plus tard, j’avais rendez-vous au CLSC pour ses vaccins et l’infirmière m’a posé quelques questions sur son développement. J’en ai profité pour lui parler de l’épisode des feux d’artifice et elle m’a proposé de passer le test de dépistage de surdité pour me rassurer.

Saviez-vous que ce dépistage se fait déjà dans plusieurs hôpitaux du Québec avant même que les parents quittent l’hôpital avec leur nouveau-né? En Abitibi-Témiscamingue, ce test se fait seulement si les parents ont un doute.

Dépistage

Le dépistage auditif du nouveau-né se fait en deux étapes. La première est le test d’émission oto-acoustique (EOA) qui consiste à placer un écouteur qui émet des sons dans l’oreille du bébé. Si toutes les structures de l’oreille fonctionnent bien, l’oreille retourne un écho. Si l’enfant ne passe pas cette étape, il y a ensuite le PEA-A (Potentiel évoqué auditif automatisé) qui permet de déceler le niveau de surdité en fixant des électrodes sur le cuir chevelu du bébé et en insérant de petits écouteurs dans ses oreilles. Les sons émis permettent de mesurer l’activité du cerveau en réaction aux sons.

Quand le résultat de François au premier test a été non-concluant (une façon polie de dire que mon fils a effectivement une déficience auditive), j’ai pris la route pour Rouyn-Noranda avec ma mère pour faire le test PEA-A. À ce moment-là, je devais me rendre à l’évidence que mon fils était malentendant, mais je ne savais pas encore à quel degré.

L’audiologiste tentait d’être positive en me disant que c’était peut-être juste une surdité légère et qu’il ne fallait pas s’inquiéter, mais mon instinct de maman me disait le contraire. Pour que l’examen fonctionne, l’enfant doit être le plus calme possible. François était donc bien au chaud tout contre moi, pendant que je regardais l’écran de la machine qui était face à nous. Mes larmes se sont mises à couler à mesure que les décibels montaient sans que mon fils réagisse. J’avais fait assez de recherche sur le sujet pour savoir qu’une surdité profonde était une perte auditive d’au moins 90 décibels. Il y avait un silence de plus en plus lourd dans la salle d’examen.

Une fois l’examen terminé, l’audiologiste nous a fait venir dans son bureau pour nous annoncer que mon fils était atteint d’une surdité au moins sévère. Mais le choc s’est surtout fait quand j’ai compris que des appareils auditifs ne lui permettraient pas d’entendre ma voix et d’apprendre à parler. La seule option était les implants cochléaires, deux mots que je n’avais jamais entendus auparavant, mais qui allaient bientôt faire partie de mon vocabulaire.

Les jours qui ont suivi cette annonce ont été très difficiles et je remercie du fond du cœur ma famille et mes amis pour leur support.

  • La surdité légère : lorsque la perte se situe entre 20 et 40 décibels; les sons faibles et aigus sont difficilement perceptibles.
  • La surdité moyenne : lorsque la perte se situe entre 41 et 70 décibels; la compréhension des sons et de la parole est difficile.
  • La surdité sévère : la perte se situe entre 70 et 90 décibels; le port d’aide auditive devient indispensable.
  • La surdité profonde : au-delà de 90 décibels de perte; la parole est imperceptible, le sujet ne perçoit pratiquement plus aucun son, seuls des sons graves peuvent être légèrement entendus.
  • La surdité totale : aux alentours de 120 décibels; la personne n’entend rien.

Référence : fondationpourlaudition.org

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